Crise médicale : l’Ariège mise sur la formation locale

Depuis de nombreuses années, l’accès aux soins est un enjeu primordial dans notre pays mais on ne constate pas d’amélioration notable faute de mesures fortes. La formation de futurs professionnels de santé dans les territoires dont l’Ariège peut être une partie de la solution, à moyen terme.

Un accès aux soins de plus en plus difficile dans notre pays

30% de la population française vit dans un désert médical. En 2022, plus de 6 millions de personnes ne disposaient pas de médecins traitants- plus de 12% de la population- et la situation ne s’est pas améliorée depuis.

Un département rural comme l’Ariège est, lui aussi, confronté au problème de la désertification médicale avec des conséquences lourdes en termes d’espérance de vie. Les personnes vivant en zone rurale ont ainsi plus de deux ans d’espérance de vie en bonne santé en moins en comparaison avec la moyenne nationale.

Depuis de nombreuses années, le groupe des sénateurs socialistes, écologistes et républicains travaille pour tenter d’améliorer l’accès aux soins de nos concitoyens. Il y a, en effet, urgence. Les Français expriment un mécontentement croissant face aux difficultés d’accès à des soins de qualité, ils sont excédés par les inégalités territoriales et ils ressentent parfois, à juste titre, un sentiment d’abandon.

La majorité de droite du Sénat a enfin entamé un début de prise de conscience de la situation après des années d’immobilisme mais elle ne propose pas de solutions efficaces comme en témoigne l’examen les 12 et 13 mai dernier de la proposition de loi visant à améliorer l’accès aux soins dans les territoires à l’initiative du groupe Les Républicains du Sénat.

Les mesures incitatives ne fonctionnent pas

Cette proposition de loi s’inscrit dans la droite ligne de plusieurs législations adoptées ces dernières années et qui abordent notre système d’accès aux soins de manière parcellaire. Nous attendons de la part du gouvernement un projet de loi ambitieux, abordant la santé de manière globale.

Depuis des années, la problématique de la désertification médicale et les enjeux de santé publique ne sont abordées qu’à travers l’angle des mesures incitatives à l’installation des médecins. De multiples dispositifs de soutiens financiers ont vu le jour, ils se superposent sans efficacité avérée. Les collectivités territoriales entrent même parfois en concurrence les unes avec les autres pour tenter d’attirer des médecins. Cette concurrence entre territoires est délétère.

Malheureusement, la proposition de loi sur l’accès aux soins que nous avons examiné ce mois-ci ne va pas répondre à l’urgence de la situation. Ainsi, elle a repris la proposition du Premier ministre Monsieur François Bayrou d’organiser l’accès aux soins en zone sous-dense en créant une « obligation de solidarité » : deux jours d’activité par mois en zone sous-dense pour les médecins généralistes. C’est, certes, un premier pas mais c’est notoirement insuffisant en particulier pour les patients en affection de longue durée dans ces zones sous-dense. De plus, ces médecins exerçant en zone sous-dense seraient autorisés à faire des dépassements d’honoraires, nouvelle barrière financière à l’accès aux soins.

Pour la droite sénatoriale, il n’est pas question de régulation de l’installation des médecins sauf pour les médecins étrangers qui, une fois leurs diplômes validés, auraient, eux, une obligation d’installation ! C’est à la fois injuste et discriminatoire.

Former des futurs médecins en Ariège

La solution ne viendra pas malheureusement de textes lacunaires qui ne s’attaquent pas véritablement aux problèmes mais elle peut venir des territoires.

La formation des futurs professionnels de santé dans les territoires ruraux peut être une part de la solution. En effet, les étudiants formés en dehors des grands centres urbains sont plus enclins à s’installer dans ces territoires sous-dotés.

Le centre universitaire de Foix, fruit d’une politique volontariste de la Présidente du Conseil départemental de l’Ariège et de l’ensemble des élus locaux, est prêt à accueillir dans des conditions optimales les étudiants en première année de médecine en lien avec la faculté de santé de Toulouse.

Ce projet est une réponse concrète, durable et à moyen terme aux difficultés d’accès aux soins que rencontrent nos concitoyens Ariègeois. La balle est maintenant dans le camp du gouvernement qui doit répondre à cette candidature. Je ne manquerai pas de vous tenir informé des évolutions de ce dossier pour lequel je me mobilise tout particulièrement.

 

 

C’est comme cela que je conçois mon action politique : en proximité, au plus près du territoire, en y associant toutes les forces vives pour tenter de trouver des solutions pratiques pour que notre belle Ariège reste un endroit où il fait bon vivre et le plus longtemps possible en bonne santé !

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