La France s’est enfin dotée d’une nouvelle feuille de route énergétique !
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La nouvelle programmation pluriannuelle de l’énergie de la France donne la priorité au nucléaire pour lutter contre les énergies fossiles sans pour autant sacrifier les énergies renouvelables. Cette PPE qui n’a pas été examinée par le Parlement- véritable déni démocratique- a été élaborée dans un contexte international très incertain et devra être revue.
Après trois ans d’attente, a été publiée par décret gouvernemental, le 13 février dernier, la nouvelle Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) qui va tracer la trajectoire énergétique de la France jusqu’en 2035.
L’énergie, c’est le socle de la compétitivité de l’économie française et cela conditionne la qualité et le pouvoir de vivre de nos concitoyens.
Le Parlement n’a pu se prononcer sur cette PPE
Ce débat est capital et la représentation nationale n’a malheureusement pu voter sur ces enjeux primordiaux pour notre avenir commun, les différents gouvernements qui se sont succédé depuis 2024 craignant d’être mis en minorité.
L’urgence de la sortie de la dépendance aux énergies fossiles
Aujourd’hui, les énergies fossiles, pétrole et gaz principalement, représentent environ 60% de la consommation finale de l’énergie du pays. Selon la nouvelle PPE, cette part est censée reculer à 40% en 2030 puis à 29% en 2035 avant d’atteindre la neutralité carbone à l’horizon 2050.
Vouloir se défaire des énergies fossiles, c’est bien sûr lutter contre le dérèglement climatique mais c’est aussi réduire les dépendances géopolitiques de notre pays et ainsi recouvrer notre souveraineté. La France importe la quasi-intégralité de ses besoins en hydrocarbures notamment des États-Unis et de Russie. Une dépendance qui nous coûte plusieurs dizaines de milliards d’euros par an : 58 milliards d’euros en 2024, par exemple.
Il faut donc sortir progressivement de la dépendance aux fossiles, ce qui implique un renforcement des autres sources d’énergie. Le nucléaire représentera 60% du mix électrique à l’horizon 2035 mais je n’oppose pas le nucléaire et les énergies renouvelables, nous avons besoin des deux. Je me réjouis d’ailleurs que les énergies renouvelables échappent au coup d’arrêt voulu par les parlementaires de droite et d’extrême droite. A noter que les technologies les plus compétitives seront privilégiés au sein des énergies renouvelables dont l’hydroélectricité qui représente déjà 15% de la production d’électricité, l’Ariège étant, bien sûr, en pointe avec ses ouvrages hydroélectriques.
Une électrification des usages primordiale et qui patine
Cette nouvelle PPE veut électriser progressivement tous les usages : habitat, industrie, mobilité. A ce sujet, je regrette que nous n’ayons pas assez de visibilité sur l’impact des politiques publiques sur la rénovation des bâtiments, la mobilité, la transition écologique des activités industrielles…. Toutes ces politiques doivent être menées avec constance et efficacité pour les producteurs et les consommateurs. Or, c’est loin d’être le cas comme en témoigne les actions erratiques des différents gouvernements qui se sont succédé ces derniers mois.
Je pense notamment aux difficultés de déploiement de MaPrimeRenov’ et du marché des véhicules électriques.
Un grand plan d’électrification des usages a été annoncé par le gouvernement avec la mise en place dans les prochaines semaines de groupe de travail réunissant les différents acteurs concernés. Je suivrai avec attention le rendu de ces travaux tant l’enjeu est primordial puisque l’objectif est que l’électricité bas carbone remplace le pétrole et le gaz dans les transports, l’industrie, le chauffage, ce qui permettrait d’équilibrer l’offre et la demande d’électricité.
Une PPE à l’efficacité incertaine et qui devra être revue en 2027
La nouvelle programmation pluriannuelle de l’énergie n’est pas exempte de critiques du fait de ses difficultés et retards d’élaboration, de plus ni les parlementaires, ni les territoires n’ont été associés aux décisions. La difficulté majeure consiste à devoir prendre aujourd’hui des décisions à fort enjeu dans un avenir incertain. Cette nouvelle PPE a toutefois le mérite de fixer un cap pour les différents acteurs de l’énergie qui étaient fortement en demande. De plus, une clause de revoyure est prévue en 2027, ce qui permettra des adaptations éventuelles.
Vous pouvez compter sur ma mobilisation dans les prochains mois sur ces enjeux d’importance en particulier pour notre belle Ariège.