Dermatose bovine : à la veille des estives, l’urgence de décisions cohérentes
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À quelques semaines des montées en estive, les éleveurs bovins des Pyrénées vivent dans l’angoisse. Après les drames humains et économiques provoqués par la dermatose nodulaire contagieuse, la levée des zones réglementées annoncée à la veille du Salon de l’Agriculture ne suffit pas à rassurer. J’ai interpellé la ministre de l’Agriculture pour exiger des décisions cohérentes : vaccination de tous les bovins avant transhumance et fin de l’abattage total des troupeaux vaccinés.
Les Pyrénées, une montagne qui vit au rythme des estives
En Ariège comme dans l’ensemble des Pyrénées, l’élevage extensif structure nos paysages, notre économie et notre identité. Chaque année, ce sont 106 000 bovins qui montent en estive. Certaines estives accueillent plus d’un millier de bêtes.
La transhumance n’est pas seulement une tradition : c’est un pilier économique, environnemental et social. Elle entretient nos montagnes, prévient les incendies, fait vivre nos vallées et contribue à la qualité de nos productions.
Mais à la veille des montées en estive, l’inquiétude domine.
Des éleveurs marqués par les drames récents
La dermatose nodulaire contagieuse bovine (DNC) a profondément marqué les exploitations touchées. Derrière les chiffres, il y a des familles, des années de sélection génétique, un travail de toute une vie parfois anéanti.
L’annonce de la levée des zones réglementées, à la veille du Salon de l’Agriculture, a pu être perçue comme un signal positif. Pourtant, sur le terrain, de nombreuses incohérences persistent.
Aujourd’hui, des bovins issus de zones indemnes, hors périmètre vaccinal, pourront monter en estive et se retrouver mélangés à des troupeaux vaccinés. Par ailleurs, alors qu’en décembre dernier les veaux pouvaient être vaccinés dès leur premier jour, ceux de moins de six mois ne le sont plus aujourd’hui.
Ces différences de traitement fragilisent la prévention et alimentent l’incompréhension.
Certes, le froid hivernal a temporairement freiné les insectes vecteurs. Mais la maladie n’est pas éradiquée.
Vacciner tous les bovins avant la montée en estive
J’ai demandé à la ministre l’instauration d’un protocole clair :
- Vaccination obligatoire au moins 28 jours, avant la montée en estive pour tous les bovins transhumants, y compris ceux issus de zones aujourd’hui indemnes.
- Vaccination de l’ensemble des veaux.
C’est une mesure attendue. Quand des milliers d’animaux sont regroupés sur des espaces ouverts, la cohérence sanitaire doit primer.
Le CIRAD, comité d’experts, a été saisi par Mme la Ministre pour évaluer les mesures applicables dans les zones ayant atteint l’immunité vaccinale : c’est une étape importante. Mais les éleveurs ont besoin de décisions concrètes dès maintenant.
Non à l’abattage total des cheptels vaccinés
Un point cristallise particulièrement la colère : le maintien du dépeuplement systématique, y compris pour des troupeaux vaccinés depuis plus de 60 jours.
Cette doctrine n’est ni comprise ni acceptée.
Lorsque l’immunité vaccinale est acquise, un abattage total apparaît disproportionné. J’ai donc demandé la mise en place d’un abattage ciblé et proportionné, fondé sur l’expertise scientifique et l’état réel du troupeau.
Protéger la santé animale est une exigence. Mais elle ne peut se traduire par des décisions aveugles qui détruisent des exploitations entières malgré les efforts consentis.
Sécuriser durablement les estives pyrénéennes
Enfin, la montagne ne s’arrête pas aux frontières administratives. J’ai interrogé la ministre sur la nécessité d’une coordination renforcée avec l’Espagne et l’Andorre.
La sécurité sanitaire de nos estives pyrénéennes exige une approche transfrontalière cohérente.
Nos éleveurs demandent des règles claires, stables et adaptées aux réalités de la montagne. Ils demandent de la justice et de la proportion.
Je resterai pleinement mobilisé à leurs côtés. Défendre l’élevage de montagne, c’est défendre l’Ariège et l’avenir de nos territoires ruraux.
La réponse de Madame la Ministre ⤵️